LE DESENCHANTEMENT DE GENOUILLAC (CREUSE) : MERCI LES DOMICIALES !!!
Retranscription d’un article publié dans LA MONTAGNE du mercredi 28 juillet 2010

“Depuis fin 2009, la Villa Family de Genouillac est déserte et son gérant ne donne plus de nouvelles. La municipalité, qui s’est portée caution pour cer- tains emprunts, s’inquiète.Deux Villa Family vides, et une inquiétude qui grandit pour la municipalité de Genouillac. Pourtant il y a 6 ans, le concept séduit, dans la petite commune comme ailleurs : « On est en milieu rural et il y a un déficit terrible pour accueillir les anciens, une Villa Family c’était un compromis très intéressant pour une municipalité », explique le maire de Genouillac, Jean-Claude Arousseau.
Le concept est, en effet, plein de promesses et rassurant : des structures privées, occupées par des familles d’accueil agréées par le Conseil général, qui veillent sur les personnes âgées ou handicapées qui y sont accueillies. Chaque résident dispose d’une chambre avec une salle de bain privative, jouxtant une pièce commune. « Les personnes accueillies à Genouillac ont été ravies, explique le maire, c’était quelque chose qui fonctionnait parfaitement bien et pour les anciens, c’est un concept magnifique qui leur permet de ne pas être déracinés ».
Le maire de l’époque, Maurice Teinturier avait mis à disposition de Philippe Loubens, concepteur bordelais des Villas Family, des terrains viabilisés en centre bourg. « En 2004, nous avons fait tous les VRT, et nous sommes portés caution de l’emprunt contracté pour construire ces deux maisons qui peuvent accueillir 6 résidents et 2 familles d’accueil », précise le maire.
Une caution solidaire à hauteur de 105.000 euros et un bail emphytéotique de 99 ans lient désormais la municipalité de Genouillac à ce projet. À l’heure actuelle, il n’y a plus personne dans les deux Villas Family, ni famille d’accueil, ni résident? Un des accueillants a démissionné, le second n’a pas vu son agrément par le Conseil général reconduit, les résidents ont donc été déplacés à la Villa Family de Saint-Fiel qui connaissait des difficultés de remplissage. Et surtout, le prêt de 217.420 euros qui arrive à échéance en 2017, n’est pas remboursé et M. Loubens, reste presque injoignable depuis 2 ans.
« Il fait la sourde oreille, le dernier contact que nous avons eu date de 2009 ».« Depuis sa construction, la maison a fonctionné cahin-caha, il y a eu une petite alerte financière en 2005, faute de paiement de loyers, explique le maire de Genouillac, mais les gros soucis ont commencé en 2009. C’est la banque qui nous a prévenus, nous alertant qu’elle ferait jouer la clause de cautionnaire pour rembourser le prêt s’il n’y avait pas de rentrée d’argent ».
Sans nouvelle concrète du gérant bordelais, et dans l’urgence, la commune a pris en charge le dossier, s’improvisant par obligation, percepteur auprès des locataires pour alimenter le compte de remboursement du prêt. « Juridiquement, il y a un emprunt, nous sommes solidaires avec lui auprès de la banque, à la première traite impayée, on nous réclamera l’argent, s’inquiète Arrousseau. Et je n’ai pas 105.000 ? dans le tiroir de la mairie, on va être obligé de réunir le conseil municipal pour qu’il m’autorise à faire un emprunt pour pouvoir payer la banque, mais à l’arrivée il sera propriétaire du bâtiment, sa dette sera éteinte, mais nous, nous n’aurons rien ».
Entre appels sans suite à Philippe Loubens, réflexions sur les solutions possibles et recours en justice, les traites peinent à être payées.« Le fond du problème, c’est que M. Loubens ne remplace pas ces accueillants, donc il ne peut plus y avoir de résidents, et le prêt ne se rembourse pas. Demain, j’ai 10 personnes qui peuvent intégrer ces maisons si on s’occupe d’eux ! Mais là, il nous laisse complètement tomber ».Et il semblerait que ce soit une habitude du promoteur qui essaime plaintes et mécontentements dans toute la France. En 2006, les premières mauvaises surprises pointent leur nez en Corrèze, à Cublac, où « tout a bien fonctionné jusqu’à la pose de la première pierre » (cf. La Montagne Corrèze, du 20 novembre 2006). En 2007, Philippe Loubens sera appelé à comparaître devant le Tribunal de Guéret pour « prêt de main-d’oeuvre en dehors du travail temporaire, exécution d’un travail dissimulé, emploi de travailleurs étrangers sans autorisation de travail » sur les chantiers de Genouillac et Saint-Fiel (cf. La Montagne Creuse, du 26 janvier 2007).Peu scrupuleux, dans l’illégalité, et endetté, « il fait monter ces maisons avec de la main-d’oeuvre non déclarée, voire clandestine ; il ne paye rien, explique Jean-Claude Arousseau, il doit 63.000 euros de placo à un artisan de Chatelus, et de l’argent à la SOTRAMAT? Notre erreur a été de faire confiance à M. Loubens et je suis très déçu de voir qu’un personnage comme lui puisse naviguer dans toute la France sans payer ses fournisseurs, travailler avec de la main-d’oeuvre clandestine et abandonner ses constructions, impunément ».
Julie Ho Hoa
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